31/01/2014

Bonne année du cheval !

année du cheval, cité de Carcassonne, cheval de Mérens

 

Moi aussi je suis comme cela stimulé par l'année du cheval et mon caractère de mule avec la mémoire qui va avec me pousse comme le bel étalon à ne rien tolérer qui puisse déranger ma vie quotidienne...

 

30/01/2014

Parole de pigeon

Cité de carcassonne, patrimoine médiéval, les cathares,

 

"On se les caille un peu ce matin, malgré ce petit rayon de soleil. Je voulez vous dire que je suis déprimé, dé-pri-mé ! En effet moi qui vit à Carcassonne, moi qui lit tous les livres et brochures qui parle d'une ville que je connais très bien, et bien non, je dis non !

-Non à quoi petit pigeon?

Non, je viens de lire un petit livret sur le moyen âge, je croyais que j'apprendrais quelque chose, et bien rien, du vent, le moyen âge est traité à la sauce wikipédia...

-T as qu'à lire autre choses?

C'est ce que je vais faire, et je te tiendrai au courant de mes nouvelles lectures...avec ou sans images...

25/01/2014

Inquisition à Carcassonne, la prison du MUR.

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Inquisition à Carcassonne

La prison du MUR…

 

 

 

Créée en 1233, par le pape Grégoire IX  après la « croisade contre les Albigeois »,  « l’Inquisition contre la dépravation hérétique » est confiée aux ordres mendiants, les frères prêcheurs : les dominicains puis pour « tempérer l’ardeur » de ces derniers, les frères mineurs : les franciscains. L’Inquisition a très tôt un double visage, et un double rôle : celui d’un confessionnal obligatoire doublé d’un rôle pénitentiel. Ce tribunal religieux, ne dépendant que du pape seul fut d’abord itinérant. La délation est érigée en système. Les confessions–dépositions enregistrées par des notaires servent aux enquêtes  le prévenu ne sait pas ce que sait l’Inquisiteur et se trouve vite piégé obligé à son tour de devenir délateur pour faire montre d’une bonne foi…

Très vite l’Inquisition s’attaque également avec zèle aux morts des cimetières. L’exhumation de cadavres trainés puis brûlés en place publique fait régner la terreur et provoque des révoltes populaires. En 1235 à Narbonne, les registres sont détruits. A Toulouse les inquisiteurs sont chassés de la ville et la révolte gronde à Albi où un dominicain est molesté au moment où il s’apprête à prendre lui-même la pioche pour exhumer un cadavre du cimetière.

Dans ce contexte, à l’automne 1240,  Raimond Trencavel à la tête d’une armée de chevaliers « faydits » passe les Pyrénées et  tente en vain avec la complicité des habitants du bourg qui entoure la cité de reprendre Carcassonne au sénéchal royal.

 

Deux ans plus tard c’est au tour de Raimond VII d’entrer en guerre contre le roi de France.  A la fin mai 1242 L’attentat d’Avignonet perpétré par les chevaliers résistants de Montségur est le signal de ce soulèvement. L’assassinat des deux inquisiteurs et des neuf membres de leur suite ainsi que la destruction de leurs registres laisse espérer un temps que « Le pays serait libéré des français et de l’Inquisition ».

 

Ce ne fut malheureusement pas le cas. Montségur allait directement payer l’échec de cette révolte, ainsi après 10 mois de siège, le mercredi 16 mars 1244 deux cent vingt bons hommes et bonnes femmes cathares sont brûlés en masse dans un gigantesque bûcher. Les survivants comparaitront devant l’Inquisition.

Entre temps les habitants du Bourg de Carcassonne chassés après la révolte de 1240 sont autorisés en 1247 à se réinstaller entre l’Aude et la cité avant de devoir construire un nouveau Bourg de l’autre côté de l’Aude.  (1262) Louis IX fait entreprendre de grands travaux qui modifient complètement la cité de Carcassonne : la construction d’une seconde enceinte. En 1250  le pape Innocent IV confie la charge  inquisitoriale à l’archevêque de Narbonne  c’est ainsi qu’à Carcassonne l’Inquisition passe sous l’autorité de l’évêque. Mais rapidement le sénéchal de Carcassonne Pierre d’Auteuil entre en conflit avec l’évêque inquisiteur auquel il reproche de promulguer des sentences trop légères  en conservant aux hérétiques leurs biens au préjudice du Roi.

L’Inquisition reste diocésaine six ans avant d’être rendue aux dominicains jugés plus rigoureux et incorruptibles. Les frères prêcheurs bénéficient d’une plus grande liberté en 1256 le pape leur autorise de se relever mutuellement des éventuelles irrégularités qu’ils auraient pu commettre. Cela veut dire que si un inquisiteur assistait par exemple à une scène de torture son péché pouvait être pardonné par son compagnon.

 

En 1258 Louis IX demande au sénéchal de Carcassonne d’accélérer la construction de prisons ainsi que d’assurer la protection des Inquisiteurs. C’est dans ce contexte que fut sans doute érigée l’actuelle tour dite de la Justice et qui était alors celle dans laquelle l’Inquisition protégeait et conservait ses archives. En 1793 il y avait encore 55 sacs de cuirs suspendus à des crochets de fers contenant les dites archives inquisitoriales depuis lors perdues. La maison dite de l’Inquisition existe toujours, à l’étage les Inquisiteurs  et leurs notaires pouvaient accéder à la galerie dite aujourd’hui de l’Inquisition qui mène en passant au dessus de la porte aujourd’hui dite d’Aude dans la tour des archives. Le Centre des monuments nationaux du château et des remparts de la cité de Carcassonne organise des visites guidées sur ces hauts lieux historiques.

 

Nous savons par une lettre des consuls adressée à Jean Galand  datant de 1285 qu’une prison a été construite, entre l’Aude et la Cité de Carcassonne :

 

«  (…) Vous avez fait une prison, qu’on appelle le Mur, et qu’il vaudrait mieux appeler l’enfer. Vous y avez construit de petites pièces pour torturer et maltraiter les gens de diverses sortes de tortures. »

 

La révolte va en s’amplifiant, le dominicain Bernard Gui la qualifiant de Rage Carcassonnaise. C’est ainsi que plusieurs témoins assistent, alors qu’ils gardaient la porte d’Aude que l’on appelle aussi du Mur, à la libération des prisonniers du Mur et à leur incarcération dans les prisons royales.

 

L’affaire se termine mal, en 1305 Bernard Gui rappelle la pendaison des consuls de Carcassonne tandis que la figure emblématique de la résistance Carcassonnaise, le franciscain Bernard Délicieux est enfermé après son procès, en 1319, et après avoir été mis à la torture, dans la prison du Mur, dont il avait en son temps éclairé les cachots de son propre courage.

La prison de l’Inquisition a du être détruite au XVe siècle et le dernier Inquisiteur de Carcassonne est mort en octobre 1703, son poste n’a pas été renouvelé. L’emplacement de la prison a été ensuite vendu à des particuliers, les maisons faisant six cannes et demi cannes et demi de largeur. Le promeneur qui suit à Carcassonne la rue Longue ne sait pas qu’il longe la prison de l’Inquisition et ce sur soixante dix  sept mètres environs.

C’est dans l’acte de vente du 28 janvier 1625 que le mot « ancienne Meure » apparaît.  Cette appellation Meure a ensuite était reprise par de nombreux auteurs à la place de « Mur ».

Il ne reste de cette prison que quelques appareillages, puits et caves que j’ai pu explorer. J’en ai fait quelques photos sur ce même blog. La porte de la prison était tournée vers la cité, ainsi les gardiens de la ville pouvaient voir ce qu’il se passait par exemple quand l’envoyé de Philippe le Bel a fait ouvrir la porte monumentale pour en extraire les prisonniers.

Cela se situait en contre bas des tours de l’évêché. La porte était surmontée d’un logis éclairé par au moins une petite fenêtre fermée par une grille de fer.

Viollet-le-Duc avait  grossièrement repéré l’emplacement de la prison de l’Inquisition et donné sa largeur de 30 mètres environ. Les visites guidées sur les remparts de la cité permettent au niveau de l’ancien évêché de surplomber tous ces jardins tranquilles qui masquent les traces d’un des épisodes les plus obscurs de notre Histoire.

 

Jean-Louis Gasc

Chargé d’action culturelle,

 Guide-conférencier et animateur du patrimoine. Pour le Centre des monuments nationaux.