04/02/2015

Un hommage à René Nelli et Fanita de Pierrefeu

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La cheminée de l'Hestia, fascinait nos regards, Fanita attablée feuilletait un ancien album photo, puis se raclant un peu la gorge disait: "Intéressant, intéressant..." Dehors le vent hurlait en de grands tourbillons de neige. On parlait des cathares, de ceux qui les défendaient, là-haut, dans ce château que Fanita de Pierrefeu nommé: " La citadelle des nuées". On parlait des amis d'hier et d'aujourd'hui...

"Le passé reste à vivre" a écrit René Nelli dans un beau poème : "La nuit de Montségur".

Quand Fanita est morte rené Nelli pleurait, il m'a donné une très fraternelle accolade et nous sommes allé manger "chez Couquet".. Des amis attablés et des souvenirs plein la tête. Il y avait Germaine Lascot l'amie très proche de Fanita, et d'autres...et d'autres.

Le passé reste à vivre, aussi en hommage à ces amis, et à tous ceux de l'Hestia qui se reconnaitront, un extrait de ce merveilleux poème de René Nelli que le groupe Oc a magnifié en musique.

René Nelli :

La nuit de Montségur « extrait »

Tu te souviens de ce temps de folie : les grands arbres chantaient

Tout endormis dans la voix de leurs oiseaux de présage

Et sur l’angoisse du monde il passait un reflet de magie

Qui l’exilait au néant de son discours illusoire.

 

Maintenant que l’amour et la mort se sont joints, il me semble

Que jusqu’au fond du futur c’est toujours toi que je cherche :

Car eb ta chair qui renaît, le destin se reflète à sa source :

Le vent disperse les cendres, mais le passé reste à vivre.

 

 

Lune, quand je mourrai,

ô lune patarine,

prête mon cœur aux songes

qui gardent de renaître.

 

Tiens moi les yeux fermés

Dans tes vergers pâlis,

Dans la clarté sans âme

De tes châteaux d’oubli,

 

Car celle qui reflète

Mon Double en son miroir

 Charnel est si parfaite,

 

qu’oubliant cet enfer

terrestre, je pourrais

la choisir pour ma mère.

 

 

 

 

09/11/2014

Un souvenir de René Nelli

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René Nelli est un des grands poètes français et occitan... Je ne me lasse jamais de lire son oeuvre inspirée notamment par le haut lieu de Montségur, dont il se disait: "le prince" car lorsqu'il arrivait le temps s'améliorait et le soleil brillait. J'avais une vingtaine d'années et je vivais chez Fanita de Pierrefeu, "la comtesse de Montségur" comme on l'appelait.. Elle était vraiment comtesse mais avant tout une grand amie chez qui René Nelli et d'autres venaient se ressourcer, parler des cathares, partager le temps et l'amitié près de la grande cheminée de l'Hestia.

Puis Fanita est morte, et à son enterrement René Nelli m'a serré dans ses bras ému et les larmes dans les yeux. J'avais promis à Fanita de continuer après elle à m'occuper et à défendre les cathares. ce que je fis et ce que je fais encore. rené Nelli avait laissé comme testament spirituel, la création d'un Centre national d'Etudes cathares qui devait et a été dirigé par son amie l'historienne archiviste Anne Brenon.

Ce fut un grand succès jusqu'au jour ou faisant probablement trop confiance à des personnes très arrivistes le Anne Brenon a été poussée dehors puis a démissionné du comité scientifique... mais l'aventure n'a pas duré longtemps, remplacée par une jeune historienne Pilar Jimenez celle ci a connu le même sort et les derniers scientifiques et historiens du catharisme ont démissionné à leur tour... Puis malgré cela le CEC continuait son chemin subventionné par le CG 11.  On notera qu'il vendait aussi des livres par correspondances...Puis malgré cette activité lucrative et les centaines d'adhérents qui payaient une jolie cotisation, ce fut le dépot de bilan..plutot que la dissolution. Hélas tout le fond documentaire qui était destiné aux archives départementales en cas de dissolution allait-il disparaitre. Heureusement le CG 11 a réussi à racheter ce fond qui est ainsi resté dans le domaine public... Une nouvelle association d'études cathares a perduré et perdure encore dans les locaux de la maison des mémoires...Mais l'Histoire du catharisme est toujours bien vivante au sein d'une association, d'un collectif international de chercheurs et d'historiens travaillant désormais bénévolement sur les hérésies médiévales et dissidences historiques, le CIRCAED. A la tête de cette association les deux amies Anne Brenon et Pilar Jimenez qui ont relevé la tête pour rendre finalement à René Nelli l'estime qu'il avait pour une recherche humaniste, scientifique et désintéressée...

Je me souviens de René Nelli d'un repas chez Couquet...et de larmes  brillantes dans ses yeux.